Mon avis sur… My fair Honey Boy T.1 de Junko Ike

My fair Honey Boy

L’article que je vous propose aujourd’hui fait partie de l’opération Masse Critique de Babelio, qui consiste à proposer une grosse liste d’ouvrages mis à disposition gratuitement par les éditeurs aux utilisateurs/trices du site, afin d’en écrire un avis. Cette opération a lieu tous les moins, avec six thèmes différents qui se répètent deux fois dans l’année. Il y a un tirage au sort afin de désigner les personnes qui recevront des ouvrages à partir du choix que l’on fait dans la liste globale des titres proposés (je ne sais pas combien on peut en choisir, mais la dernière fois, j’en ai demandé 5 différents, et je suis ressorti bredouille). Si le hasard a son importance, le choix est aussi effectué en fonction des avis que l’on publie sur le site. Me concernant, je ne demande que des mangas puisque je ne publie des avis que sur ce type d’ouvrages. Et j’ai eu la chance de remporter le premier tome de My Fair Honey Boy lors de l’opération Masse Critique de Novembre. J’en profites donc pour remercier Babelio et Akata.

Petite précision qui a son importance : la seule obligation que l’on a est d’écrire un article dans les 30 jours après réception de l’ouvrage (me concernant, il a eu énormément de retard, je ne l’ai reçu que la semaine dernière). À aucun moment on nous demande d’édulcorer notre avis. Cependant, il est demandé de mettre en avant de réels arguments, que l’avis soit positif ou négatif. Ceci étant précisé, nous pouvons passer au résumé de ce premier tome (sur les 10 que comportera la série au total), avant d’en venir à mon avis.

Mei Sengoku, présidente et capitaine du club de kendo, est particulièrement populaire ! Connue pour son calme légendaire, elle plaît autant aux filles qu’aux garçons. Mais son stoïcisme à toute épreuve pourrait bien être ébranlé par un certain Shirô Fuji : parce qu’il est très efféminé, tout le monde a tendance à penser qu’il est gay. Mais il n’en est rien ! Éperdument amoureux de Mei, il va un jour lui déclarer son amour… L’adolescente, prise au dépourvu, ne va pas savoir comment le repousser ! L’insistance attendrissante (et pas vraiment virile) du garçon viendra-t-elle à bout de la lycéenne ?!

Le résumé indique parfaitement ce dont il est question dans ce shojo : on se retrouve dans une romance qui a pour particularité de traiter de la question du genre et de l’identité de genre, à la fois du point de vue masculin et féminin (même si on partage les pensées de Mei Sengoku en particulier). Une thématique que je trouve pour ma part très intéressante, et qui est déjà dans ce premier tome développée avec intelligence et talent.

En effet, les deux personnages principaux représentent les deux extrêmes opposés : une jeune fille très sportive, très forte et considérée comme « virile », au point où ce sont ses camarades féminines qui lui font des déclarations d’amour. Et de l’autre, nous avons Fuji, jeune homme très maniéré, fan de couture et de cuisine, que tout le monde croit homosexuel de ce fait. Mais ces deux stéréotypes se révèlent rapidement faux puisque chacun des deux est hétéro, et Fuji est amoureux de Sengoku qu’il ne voit pas de la même façon que les autres personnes.

La question du genre et de l’identité de genre est donc centrale dans cette histoire, et ce dès le début. J’ai particulièrement apprécié la façon dont la mangaka met en avant le regard que les autres portent sur chacun de ces deux personnages, qui ne colle pas forcément avec ce qu’ils sont. De même, avec Fuji, la question de la socialisation est déjà abordée et permet de développer intelligemment l’idée que les stéréotypes de genre sont quelque chose d’acquis et non d’innée. Sans trop en dévoiler, on apprend que Fuji a grandi avec des sœurs exclusivement, et que son père était plutôt absent, d’où le fait que ses modèles et référents soient totalement féminins. Cette thématique me semble parfaitement en phase avec des questionnements très actuels sur le sujet par ailleurs.

De la même façon, la question de l’image que les personnages renvoient, qui n’est pas forcément en phase avec ce qu’ils sont réellement, est très bien traitée et se paye même le luxe de s’intégrer harmonieusement avec la romance naissante. Car au-delà de sa thématique principale déjà passionnante, les deux personnages bénéficient d’une excellente caractérisation, le tout parfaitement relevé par un humour qui passe très bien. Sur ces points, le macaron sur la jaquette qualifiant ce manga de « shojo feel good » ne ment pas. On se prend à sourire en voyant l’évolution des sentiments et des rapports des deux personnages.

Enfin, un petit mot concernant l’esthétique du titre me semble indispensable. En effet, j’ai parfois du mal avec l’esthétique et le découpage des shojos, que je trouve chargé en effet et parfois confus. Ce n’est pas du tout le cas ici, où l’autrice met en scène son histoire avec talent et clarté, tout en proposant un character design de qualité, parfaitement en phase avec la caractérisation de ses personnages.

En résumé, ce premier tome de My Fair Honey Boy est une très belle surprise. Si la thématique du genre m’intéressait déjà beaucoup de base, le traitement que nous en propose l’autrice est clairement le gros point fort du titre. Mais ce n’est pas sa seule qualité, puisque la romance naissante est également très bien amenée, et l’esthétique globale du titre apporte la touche finale pour en faire un premier volume d’excellente qualité !

My fair Honey Boy

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