Mon avis sur… Planètes de Makoto Yukimura

Planètes

J’ai eu la chance de tomber en médiathèque sur l’intégrale de Planètes, de Makoto Yukimura, un manga qu’on m’a plusieurs fois recommandé, et qui se trouve être le premier de l’auteur de Vinland Saga, une série que j’aime énormément. C’est d’ailleurs amusant de se dire qu’il y a peu de temps, je ne connaissais pas cet auteur, et qu’aujourd’hui, j’ai lu toute son œuvre parue en France. Même si le concernant, c’est assez simple étant donné qu’il n’a écrit que ces deux séries, et un autre manga qui n’a pas franchi nos frontières entre les deux vraisemblablement. Mais de quoi parle donc ce premier essai ?

Hachimaki est récupérateur de débris spatiaux sur le Toy Box. Et il n’a qu’une obsession : embarquer sur un des vaisseaux explorateurs de Jupiter. Mais l’espace n’est pas toujours le monde idyllique que l’on imagine. Makoto Yukimura nous fait partager sa passion et sa connaissance de l’espace, à travers le véritable parcours initiatique de trois personnages partis pour un monde inconnu où il est souvent difficile pour l’Homme de trouver sa place.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, précisons que cet intégrale est un beau bébé d’un peu plus de 1000 pages, en grand format. De ce fait, elle pèse son poids et justifie clairement son prix de 35 € par une édition de belle qualité. Cependant, si l’ouvrage est très beau en lui-même, quelque chose frappe lorsque l’on connaît Vinland Saga

Car comme souvent dans le cas des premières œuvres, nous sommes loin de la beauté visuelle de l’histoire de Thorfinn dans les premiers chapitres de Planètes, et je dirai même qu’en dépit de l’amélioration constante des illustrations, on garde jusqu’au bout certaines planches un peu moins travaillées et grossières, même si elles deviennent minoritaires.

Cette petite déception (mais prévisible encore une fois compte tenu de son caractère de première œuvre de l’auteur) explique peut-être pourquoi j’ai eu un peu de mal à entrer dans le récit. C’est peut-être aussi lié au fait que l’on se retrouve finalement dans une sorte de tranche de vie de SF qui n’a finalement pas de structure narrative bien précise. Car si le récit a plusieurs fils conducteurs, on ne peut pas non plus parler de réelle intrigue suivie avec un début et une fin.

Mais si ce point m’a un peu gêné au début, bien vite les choses ont changé. Au fil de l’évolution du personnage d’Hachimaki (présenté comme le personnage principal dans la première partie du récit), je suis de plus en plus rentré dans cette histoire, et ait pris conscience de la portée du récit. Car si l’on est dans un cadre science-fictionnel, c’est comme souvent dans le genre, pour questionner la place de l’humanité dans le monde dans laquelle elle vit, et se demander ce qui nous distingue et nous caractérise. Des questionnements que l’on pourrait qualifier de métaphysiques que l’on peut retrouver dans de nombreuses œuvres de science-fiction, traitées ici avec intelligence et sérieux.

Et la structure narrative, qui ne suit pas le même personnage tout du long, trouve sa justification dans le traitement des thématiques du récit. Car il n’y a pas que celle que j’ai évoqué plus haut, on parle également de pollution et de la façon dont on exploite la planète et ses ressources d’une façon qui semble très actuelle, et des questions telles que le terrorisme et la guerre sont également traitées, parfois en filigrane, parfois de façon explicite. Je retiens notamment un passage ou un certain Sanders, évocation explicite du logo KFC semble chercher la récupération d’un symbole et d’un idéal pour des raisons nébuleuses…

Et au milieu de tout cela, on trouve la question du lien aux autres, et de l’amour. Cette notion qui semble finalement être le vrai fil conducteur du récit, qui débute par un amour brisé par la mort, et se conclut d’une façon que je ne vous révélerai évidemment pas. Comme je l’ai dit, le récit lâche Hachimaki en cours de route pour se focaliser davantage sur les autres personnages, et nous fait ainsi comprendre en quoi l’amour semble un moteur pour tous, qu’ils en aient conscience ou non. Et le manga semble nous dire (en tout cas, c’est comme ça que je l’ai compris) qu’au milieu de cet univers infini et de ces forces incontrôlables en mouvement, nous sommes finalement insignifiants et la seule action que l’on puisse faire qui ait un impact, ce soit d’aimer. Que l’on aime une autre personne, un enfant ou un animal… J’ai trouvé cette idée très belle.

En résumé, Planètes n’est sans doute pas un chef d’œuvre du niveau de Vinland Saga, la faute à un manque d’expérience de la part de l’auteur sans doute. Mais il n’en reste pas moins un excellent manga qui vaut clairement le coup d’être lu. Une œuvre  profondément humaine et touchante !

Planètes

 

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