Mon avis sur… Yakitate Ja-Pan !! T. 1 à 3 de Takashi Hashiguchi

Yakitate Ja-Pan

En octobre, à l’occasion de bibliothèques en fête, le réseau auquel la médiathèque où je travaille met sa plus belle toque pour un mois d’animations et de livres, films, CD et autres en lien avec la thématique de la cuisine. Pour l’occasion, j’ai pris quelques documents sympas à notre bibliothèque départementale, parmi lesquels la série Yakitate Ja-Pan !! qui nous intéresse ici. Également appelée Un pain c’est tout, il s’agit d’un shonen que l’on doit à Takashi Hashiguchi pré-publiée de 2002 2007 à dans le Shonen Sunday. En France, la série est éditée par Delcourt à l’époque où leur collection manga s’appelait encore Delcourt Akata. Il est d’ailleurs important de préciser ici que la série n’est plus réimprimée malheureusement, et est donc difficilement trouvable, y compris en occasion. C’est d’autant plus rageant que, comme on va le voir ici, elle débute vraiment très bien. Mais sachez qu’il existe une adaptation animée. Je ne sais pas ce qu’elle vaut, mais elle peut être un moyen de découvrir l’histoire d’une autre façon, en l’absence de réimpression du manga. Avant de vous expliquer de quoi il en retourne, un passage par la case résumé s’impose :

À l’âge de six ans, Kazuma Azuma a découvert le goût du vrai pain. Une passion est née ce jour-là ! Dix années de pratique personnelle et intensive plus tard, le voilà qui se lance dans le métier de boulanger. Il quitte alors sa campagne profonde pour rejoindre la capitale avec, en tête, le rêve d’intégrer la plus prestigieuse des chaînes de boulangerie japonaise : Pantasia ! 

J’ai l’impression que ce manga a une belle petite réputation, et c’est donc avec curiosité que j’ai saisi l’occasion qui se présentait à moi de me lancer dedans, avec la certitude de pouvoir en voir le bout ! Je ne suis pas spécialiste en manga culinaire, mais pour avoir vu la saison 1 de l’anime adapté de Food Wars, on y retrouve plusieurs ingrédients en commun. Dans les deux cas, le héros est un jeune n’ayant pas appris la cuisine/boulangerie dans une école et semble doué d’un don (ici, Kazuma est doté de la « main solaire », plus chaude que la moyenne, qui lui permet de faire lever plus rapidement la pâte qu’il pétrit). Il va être confronté à d’autres boulangers en herbe et devra faire ses preuves, notamment au cours de compétitions culinaires.

De plus, comme dans Food Wars, une partie de l’humour du titre est basée sur l’exagération des sensations ressenties par les personnages lorsqu’ils goûtent un pain. Cependant, aucune touche ecchi ici, le mangaka essayant au contraire de faire ressentir ces émotions par le biais de métaphores visuelles bien trouvées (par exemple, après avoir goûté une baguette française succulente, un personnage se voit en Liberté guidant le peuple, baguette en main !). Cet élément est vraiment très drôle et j’aime particulièrement découvrir les petites trouvailles visuelles de l’auteur pour retranscrire ceci.

Croissant

Au-delà de cet aspect, l’humour du titre vient aussi beaucoup des situations et des personnages en eux-mêmes, dont certains sont très hauts en couleurs. Je pense notamment à Ken Matsushiro, le gérant de la boulangerie où Kazuma est embauché. Avec sa coupe afro, son corps bodybuildé et ses lunettes de soleil, il me fait davantage penser à un rocker qu’à un boulanger. Et puisque j’en suis à parler de l’aspect comique des personnages, j’ai sur ce point un gros chouchou en la personne de Ryo Kuroyanagi (que vous pouvez voir au-dessus déguster un croissant). Il s’agit d’un jury du goût très sévère et très drôle de par son tempérament excessif et sa forte tendance à qualifier de déchets les participants aux différentes compétitions. Mais je serai amené à en reparler lorsque j’évoquerai les tomes suivants.

Car ces trois premiers tomes servent surtout à introduire les personnages, leurs motivations diverses et les rivalités qui seront au cœur de la série. Si Kazuma souhaite devenir boulanger pour créer le Ja-Pan, un pain japonais qui ferait la fierté du pays, Kawachi, son rival mais néanmoins collègue et ami, souhaite surtout subvenir aux besoins de sa famille et réaliser le rêve de son défunt père. Le dernier membre du trio est Tsukino Asuzagawa, fille illégitime du fondateur de Pantasia, qui souhaite être acceptée dans cette famille et faire ses preuves. Pour ça, elle va beaucoup compter sur Kazuma, Kawachi et Matsushiro.

Si les différents personnages ont tous déjà droit à des développements intéressants, on se focalise quand même sur Kazuma. Ainsi, sa motivation et la réaction de son entourage sont très intéressantes car elles permettent de mettre en avant l’aspect culturel important de la gastronomie. Car c’est en se disant qu’on parle de pain français, italien et autres et jamais de pain japonais que Kazuma s’est mis en tête de créer un Ja-Pan. Ce point m’a semblé de ce fait vraiment pertinent et bien vu, surtout pour quelqu’un comme moi qui aime beaucoup la cuisine.

Ainsi, si les ficelles sont assez classiques et que l’on a un petit goût de déjà vu, on ne peut nier que la série commence très bien, et est plutôt efficace. Les personnages sont bien caractérisés et charismatiques, le dessin est de qualité et les idées de mise en scène ne manquent pas. Et le récit pose déjà des enjeux intéressants qui donnent envie de suivre le fil des événements. De plus, l’humour contribue de façon sympathique à l’ambiance générale du titre. Et ce n’est que le début puisque c’est seulement à partir du tome 4 que les vrais affrontements vont commencer, mais nous en reparlerons bientôt.

En résumé, ce début de série est tout à fait satisfaisant, classique mais efficace. Le mangaka traite son sujet avec sérieux et arrive à le rendre très intéressant, que ce soit grâce à son travail d’écriture (en particulier concernant les personnages) ou à ses idées de mise en scène vraiment sympa. Attendons simplement de voir si le manga arrivera à monter en puissance pour vraiment passer dans la catégorie des titres à lire, mais pour le moment, c’est très bien parti.

 

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6 commentaires

  1. Moi aussi je l’avais emprunté à la BDP (ça doit être une série fétiche des bib départementales ^^), par contre je ne l’ai jamais lu !

    Si jamais tu as encore l’occasion d’ajouter des documents dans ta sélection, je te conseille « J’aime les sushis » d’Ayumi Komura, c’est un peu le même principe (lui est fils de mâitre sushi et veut se faire accepter dans une pâtisserie et vice versa pour elle … en gros ^^) et dans mon souvenir il y a peu de tome, six je crois, donc c’est sympathique à proposer aux lecteurs.

    Aimé par 1 personne

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