Découverte du monde du manga avec Bakuman #1 : Présentation de la série

Bakuman

Si vous avez l’habitude de venir sur le blog, vous aurez sans doute remarqué que le manga Bakuman tient une place à part pour moi. Il n’est pas seulement un de mes mangas préférés, il est surtout celui qui a réellement fait naître ma passion. Je pense que ce n’est pas un hasard puisque cette série se déroule dans le milieu du manga, et se propose de nous faire découvrir les coulisses du Weekly Shonen Jump afin de comprendre comment les chefs d’oeuvre du genre viennent au monde.

Ainsi, cette série qui s’étale tout de même sur vingt tomes, et que l’on doit au duo Takeshi Obata et Tsugumi Ohba (les auteurs de Death Note) permet de mieux appréhender les spécificités éditoriales du monde du manga. De plus, la longueur de la série permet de traiter en détails un très grand nombre de thématiques et de questions liées au processus créatif. C’est pourquoi j’ai souhaité créer cette nouvelle rubrique sur le blog, qui me permet à la fois de parler d’un manga que j’aime de tout mon cœur, afin de vous faire partager cette passion, mais aussi mettre en avant les enjeux et les tenants et aboutissants de la création des mangas. Avec pour objectif final je l’espère, vous donner envie de lire ou relire Bakuman.

Car je souhaite m’adresser autant aux personnes qui connaissent le manga qu’aux néophytes, même si je serai amené à spoiler pas mal de choses. En effet, le but de ces articles sera d’apporter une forme d’analyse (tout à fait modestement) de ce qui se passe dans la série afin de comprendre davantage le fonctionnement du monde du manga. De ce point de vue, je tiens quand même à préciser qu’on est face à une fiction qui, bien qu’elle soit sans doute réaliste sur certains points et qu’elle sente beaucoup le vécu, doit quand même faire un certain nombre d’entorses à la réalité afin de satisfaire aux objectifs narratifs et dramaturgiques que les auteurs se sont fixés. De même, cette série a très clairement l’air d’avoir été inspirée par le duo Ohba/Obata, qui s’est certainement beaucoup projeté dans leur duo de personnage principaux. Ainsi, il ne faut pas perdre de vue que ce manga retranscrit LEUR point de vue sur le monde du manga, qui n’est pas nécessairement partagé par tous les auteurs, le vécu et la sensibilité de chacun(e) étant un élément qu’il ne faut pas négliger.

Ainsi, cette série d’articles se fera au rythme de ma relecture de l’intégralité de la série, qui s’étendra surement jusqu’à l’année prochaine. En effet, je ne vais pas seulement relire les différents tomes, je vais aussi prendre beaucoup de notes, faire des photographies de certaines pages et autre, afin de vous proposer des analyses thématiques qui seront, je l’espère, les plus complètes et intéressantes possibles. Je ne sais d’ailleurs pas combien d’articles j’écrirai au total, puisque bien que j’ai déjà un certain nombre d’idée de thèmes à traiter en lien avec le manga, il y en a d’autres qui ne me viendront qu’au fil de la relecture. Je vais malgré tout essayer de publier les articles avec une certaine régularité, en vous en proposant au moins un par mois.

Tout ceci étant posé, je vais rapidement vous présenter la série dans ce premier article, afin de vous mettre l’eau à la bouche, et c’est seulement à partir du prochain que l’analyse à proprement parler commencera.

Bakuman est donc une série terminée en 20 tomes, que l’on doit à Takeshi Obata et Tsugumi Ohba, publiée dans le Weekly Shonen Jump entre août 2008 et avril 2012. Le manga est édité en France par Kana et tous les tomes sont trouvables très facilement un peu partout, le manga s’étant fait une solide réputation et ayant remporté un succès non négligeable avec environ 15 millions d’exemplaires vendus. Il a également eu droit à une adaptation animée comptant 3 saisons de 25 épisodes chacune (que je n’ai pas encore vu), ainsi qu’une adaptation en film live.

De quoi parle ce manga ?

Cette série se propose de nous faire découvrir les coulisses de la création de mangas, mais surtout la vie de mangakas en contrat dans le Weekly Shonen Jump. Nous suivons donc un duo que l’on imagine inspiré du tandem Ohba/Obata, Moritaka Mashiro (le dessinateur) et Akito Takagi (le scénariste), de leurs quatorze ans jusqu’à leurs 24 ans, soit une dizaine d’année. Si j’évoque la question de l’âge des personnages, c’est parce que le travail sur la temporalité et l’évolution du duo est vraiment au cœur du manga, à plus forte raison que la notion de temps qui passe, de délais et de durée de vie des œuvres est ici fondamentale. Sur ce point, le travail d’écriture d’Ohba est d’ailleurs à souligner, puisqu’on arrive à réellement ressentir le passage du temps, tout en étant sur un rythme constamment soutenu totalement en accord avec le rythme de travail de nos héros.

Muto Ashirogi
Le duo Muto Ashirogi au travail.

Leur ascension jusqu’au statut de mangakas majeurs est évidemment au cœur du manga, mais Ohba a eu la bonne idée de donner un second fil conducteur à l’histoire, qui est dévoilé dès le premier chapitre. Mashiro est amoureux depuis toujours de sa camarade de classe Miho Azuki, qui de son côté rêve de devenir doubleuse. Ils vont tous les deux se faire la promesse de réaliser leur rêve, avec comme cerise sur le gâteau l’objectif que Miho double l’héroïne d’un anime adapté d’un manga de Mashiro et Takagi. Or, ce point est la condition sine qua non pour que les deux jeunes puissent se marier, mais même se revoir. Ainsi, le fait pour le duo (qui travaille avec le pseudonyme Muto Ashirogi) d’avoir un manga suffisamment populaire pour être adapté revêt une importance capitale, et est un des pivots dramatiques de la série. Ce point est effectivement très important puisque les deux héros vont rapidement être publiés, et avec un certain succès qui plus est. Il fallait donc un enjeu supplémentaire afin que le manga ne tombe pas dans une certaine facilité.

De tout cela va découler un parcours professionnel très mouvementé, qui nous permettra de nous familiariser avec ce monde si particulier (et qu’on a peut-être tendance à idéaliser). Chaque rebondissement est l’occasion de développer de nouvelles thématiques, que ce soit la rivalité entre auteurs, le travail avec les assistants, les délais compliqués à tenir, les pannes d’inspiration, les classements hebdomadaires, les soucis de santé, et encore beaucoup d’autres éléments qui font partie du quotidien des mangakas. Tout ceci permettant d’éviter une répétitivité dans le récit, qui se relance constamment, trouve toujours de nouveaux points à aborder et de nouveaux obstacles à surmonter.

Une galerie de personnages très riche :

Mais si Mashiro et Takagi sont les deux personnages principaux, nous aurons également le plaisir de suivre toute une galerie de personnages hauts en couleur et absolument tous passionnants (j’insiste sur ce point, car c’est une des forces du récit). Cette riche galerie de personnages est d’autant plus intéressante qu’elle permet de découvrir les coulisses du métier, puisque l’on sera amené à connaitre plus intimement les collègues mangakas qui travaillent au Jump aux côtés de nos héros, mais également les responsables éditoriaux ainsi que le reste de la rédaction du magazine. Ce faisant, nous serons amenés à découvrir les différents métiers en lien avec l’édition d’un manga. De même, d’autres personnages extérieurs à ce milieu sont présent, je pense par exemple à Kaya Miyoshi, la petite amie de Takagi, qui a un rôle de soutien énorme pour le duo.

Ainsi, si de nombreux métiers ou profils gravitant autour de nos héros sont présentés, les stars de la série restent les auteurs, et ils sont en nombre et tous plus intéressants et hauts en couleurs les uns que les autres, au point où je ne résiste pas à l’envie de vous en présenter quelques uns !

EijiEiji Niizuma, le plus grand rival du duo. C’est un véritable génie du manga, qui écrit plus vite que son nombre et est capable d’enchaîner succès sur succès. Son instinct ne semble pas le tromper et il est clairement le numéro du Jump au moment où le manga commence. Ce qui ne l’empêche pas d’être une personne bienveillante qui respect ses collègues et éprouve un sentiment de respect et de saine rivalité à leur égard.

Shinta Fukuda

Shinta Fukuda, un collègue mangaka à fond dans la rivalité avec tous les autres auteurs du Jump, ce qui ne l’empêche pas d’être aussi également très respectueux et amical avec les autres. C’est une véritable pile électrique et un personnage très franc et fun.

Takuro Nakai

Takurô Nakai, un des seuls auteurs assez négatifs. Il est beaucoup plus âgé que ses collègues et a passé le plus clair de sa carrière en tant qu’assistant, bien qu’il soit largement au-dessus de la plupart en terme de dessin. Il a de gros soucis comportementaux, notamment vis-à-vis des femmes. C’est en grande partie de là que vient son côté négatif mais aussi pathétique.

Yuriko Aoki

Yuriko Aoki, surnommée « Princesse Aoki » en raison de son côté froid et distant. Elle commence en écrivant du shojo mais se tourne vers le shonen, épaulée au dessin par Nakai (qui sera alors pour la première fois illustrateur principal et non plus assistant). Elle évolue beaucoup au contact de ses collègues.

Kazuya Hiramaru

Kazuya Hiramaru, ancien employé de bureau qui se retrouve mangaka un peu par hasard, et qui a beaucoup de mal avec la pression et les délais stricts imposés par le métier. C’est un personnage que j’adore car il est surement le plus excentrique de la bande, à la fois drôle et pathétique, et sa relation avec son responsable éditorial est également excellente. Il aura droit à des moments très forts tout au long de la série.

 

Et dites-vous bien que ces personnages que je vous ai présenté là ne sont que les principaux, on aura l’occasion de rencontrer d’autres mangakas au cours du récit, et comme je l’ai dit précédemment, les autres personnages gravitant autour d’eux sont également passionnants, je pense en particulier à Akira Hattori, le responsable éditorial du duo Muto Ashirogi. Et comme je l’ai expliqué, tous ces personnages enrichissent les thématiques de Bakuman, en plus de dynamiser le récit.

Un manga fun, addictif… et instructif !

Je l’ai déjà précisé, mais j’avais envie de le rappeler avant de conclure cette présentation, Bakuman n’est pas seulement un manga ultra rythmé, dessiné brillamment et super addictif. C’est aussi et surtout une véritable mine d’informations concernant le monde du manga et son fonctionnement. Et une des grandes forces de cette série est d’arriver à nous transmettre cette passion. Je l’avais déjà expliqué dans mon centième article, mais je n’étais pas spécialement intéressé par le milieu du manga avant de lire Bakuman, qui est venu à moi un peu par hasard (en gros, j’avais vu l’anime Death Note sur Netflix qui m’avait beaucoup plu, et plutôt que d’acheter le manga d’origine, j’ai voulu découvrir une autre oeuvre du duo Ohba/Obata).

C’est pour toutes les raisons évoquées ici que je suis tombé totalement amoureux de Bakuman qui risque de rester un de mes mangas préférés, mais qui est et restera surtout comme celui qui fut décisif dans la naissance de ma passion. C’est pourquoi j’avais à cœur de vous parler de cette série si spéciale pour moi, en trouvant un angle original et particulier pour l’aborder. Mon but avec cette série d’article est donc multiple. Je souhaite à la fois vous transmettre ma passion, mais aussi rendre hommage à ce manga si important pour moi, et également faire un travail d’analyse autour de celle-ci, afin d’en avoir une connaissance encore plus intime, et vous le transmettre, dans l’espoir que cela vous donne envie de découvrir ou redécouvrir ce manga unique à mes yeux.

Ainsi, je vais essayer de me tenir à un rythme d’au moins un article par mois, qui évoquera à chaque fois une thématique différente abordée par le manga. Ceci afin de rendre hommage à la richesse incroyable de cette série que j’aime tant. J’espère ainsi que vous me suivrez dans cette aventure, et que vous suivrez le duo Muto Ashirogi jusqu’au bout !

Bakuman

12 commentaires

    • Personnellement, je n’ai encore rien lu d’autre du duo, sauf le premier tome de Platinum End acheté aux 48hBD.
      Mais j’ai cru comprendre que cette série soufflait le chaud et le froid, ce qui n’est pas le cas de Bakuman selon moi qui maintient un niveau d’excellence constant tout du long.

      Aimé par 1 personne

      • Ah c’est bien ça ! j’ai effectivement lu 5-6 tomes de Platinum End, et il y a du très bon et du très mauvais, du coup j’ai arreté ^^
        Et tu n’as jamais lu Death Note alors ? Car j’ai adoré ce manga jusqu’à ce que les mangaka gâchent tout à 4 tomes de la fin :/

        Aimé par 1 personne

      • Non, je ne l’ai pas encore lu, mais j’ai regardé l’anime que j’ai beaucoup aimé, y compris la fin qui est effectivement très critiquée (je suppose que tu veux parler de tout ce qui se passe à partir du moment où Melo et Nier arrivent, non ?).

        C’est justement après avoir vu Death Note, à une époque où je ne m’intéressais pas trop au manga, que j’ai eu envie de lire Bakuman en ayant fait quelques recherches sur les auteurs.

        Aimé par 1 personne

      • Ah oui, voilà, j’ai trouvé que après L, le titre aurait du se terminer. Nier et Melo ne sont clairement pas à la hauteur, on perd tout le jeu d’affrontements qu’il y avait depuis le départ, en tout cas, pour moi ^^

        Du coup, Bakuman ne tombe pas dans ce schéma ?

        Aimé par 1 personne

      • Non, pas du tout, dans le sens où il y a deux lignes directrices à l’histoire (l’histoire d’amour et l’ascension des deux héros en tant que mangakas), et on reste sur ces deux lignes directrices du début à la fin.
        Il y a de nombreuses péripéties et détours, mais qui ramènent toujours au fil conducteur, et qui enrichissent le propos.

        Il y a aussi beaucoup de personnages qui gravitent autour, mais ça fait aussi partie de la qualité du manga je trouve.

        Je fais un peu mon VRP, mais c’est parce que je suis vraiment amoureux de ce manga, tu l’as compris je pense^^

        Aimé par 1 personne

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