Mon avis sur… À l’assaut du roi de Takahiro Wakamatsu et Minori Kiguchi

A l'assaut du roi

Cela faisait longtemps que cette série courte me faisait de l’œil, puisqu’on l’a en médiathèque depuis plus d’un an. Et comme je fais enfin de la place dans ma PAL, je me retrouve à avoir du temps à consacrer à des séries que je n’avais pas encore lu bien que l’envie était présente. Concernant À l’assaut du roi, ce manga a l’avantage d’être court, puisqu’il est fini en seulement quatre tomes. L’inconvénient étant qu’on sent bien que les auteurs avaient prévu d’aller plus loin. Cette série date de 2015 et a été pré-publiée dans le Gekkan Shonen de Kodansha, et voyons donc ensemble de quoi cela parle et si ça vaut le coup de s’y intéresser :

Ippei est un petit garçon curieux, qui rêve de vivre des aventures hors du commun. Quand Hime, une nouvelle camarade de classe, lui fait découvrir les échecs, il a une véritable révélation : il a enfin trouvé la discipline qui le fait palpiter. Il promet alors à sa nouvelle amie de progresser afin d’un jour l’affronter d’égal à égal.
Et il s’avère qu’Ippei a un don inné pour les échecs ; il visualise très bien le jeu de l’adversaire, et prend énormément de plaisir à jouer. C’est le début d’une belle ascension et d’une grande aventure !

Le résumé situe parfaitement l’histoire et les enjeux, puisque l’on suit Ippei qui se découvre un peu par hasard une passion dévorante pour les échecs qui le transportent dans un autre monde. Je précise que c’est au sens métaphorique, car avec tous les Isekai qui sortent depuis quelques années, on serait tenté de le prendre au premier degré (un Isekai est un manga/anime dans lequel le personnage principal vient de notre monde et se retrouve transporté dans un monde de fantasy). Ippei vibre et se sent voyager lorsqu’il joue aux échecs, et le fait d’avoir découvert ceci avec sa camarade Hime va créer un véritable lien entre eux, en dépit du fait que la fillette finisse rapidement par déménager. Ainsi, suite à cette séparation, les deux enfants se font la promesse de se retrouver à une grande compétition pour les champions d’échecs.

Ceci signe le début de l’aventure d’Ippei, qui va tout d’abord trouver un club d’échecs, dans lequel une figure de rival s’imposera à lui. Il y trouvera également un professeur l’aidant à développer son potentiel, et découvrira la complexité de la discipline, entre les stratégies, les coups théoriques et autres. Je précise au passage que les parties ne sont jamais explicitées dans leurs moindres détails. On nous donne les informations nécessaires pour comprendre ce qui se passe, et la mise en scène des parties fait que l’on ne suit pas réellement tout le déroulé des parties, le travail de découpage et d’ellipse allant dans le sens d’une dramatisation et d’une recherche de dynamisme plutôt que vers le réalisme. Cela permet de ne pas s’ennuyer et de ne pas avoir le sentiment d’être largué quand, comme moi, on ne connait pas grand chose de plus que les règles de base du jeu.

Au-delà des affrontements, qui sont légion, on est surtout face à un shonen à mi-chemin entre le nekketsu et le tranche de vie, dans ce sens où l’on est dans un contexte réaliste et où l’on suit un personnage qui vit sa vie quotidienne, mais le tout est quand même très axé sur les échecs, que ce soit les entrainements, les rencontres et discussions avec d’autres joueurs, et les parties. Sur ce point, les autres personnages que l’on sera amenés à rencontrer sont très archétypaux, entre la jeune fille sexy (et très intéressante par ailleurs), le mec un peu taciturne, et le rival dur mais qui a finalement un bon fond, le manga développe une galerie de personnages certes très classiques, mais qui fonctionnent de façon très efficace. Et l’écriture étant aussi dynamique que le dessin, aussi bien dans les affrontements que dans les moments plus calmes, le récit se laisse suivre avec un grand plaisir, d’autant plus que l’esthétique est aussi classique et efficace que la caractérisation des personnages.

Ainsi, cela semble être du tout bon, et c’est effectivement le cas, mais il y a malgré tout un problème à relever, qui vient du fait que le manga a visiblement été pensé pour être une série plus longue à l’origine. En effet, j’ai le sentiment que les auteurs posent leurs pions (sans mauvais jeu de mot) pour proposer une histoire plus étoffée, avec un objectif final (affronte Hime lors d’un championnat de grande ampleur et devenir Grand Maitre des échecs) sur le long terme qui est finalement rapidement mis au second plan. De même, le manga propose une belle galerie de personnage dont on sent qu’ils étaient pensés pour être davantage étoffés. Et ayant pris grand plaisir à les suivre, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir une réelle frustration à la fin. MAIS, car il y a un mais ! Les auteurs ont malgré tout réussi à apporter une finalité au récit, avec une conclusion ouverte qui ne fait pas tâche. Certes, ce qui se dessinait comme l’enjeu principal est finalement évacué, mais l’enjeu émotionnel du récit est bel et bien accompli et l’histoire entre Ippei et Hime trouve quand même une conclusion assez belle, tout comme l’évolution du jeune héros. Ainsi, la frustration est réelle, mais on peut malgré tout se dire que cette fin fait sens, ce qui compense un peu le sentiment de frustration.

En résumé, À l’assaut du roi est une série courte sans prétention qui traite avec talent de son sujet. Pour peu que l’on ne soit pas allergique aux codes très classiques, je pense que tous les ingrédients sont là pour passer un très bon moment en compagnie de personnages également classiques mais très attachants. On sent malgré tout qu’il y avait de la matière à un récit plus long (de l’ordre de la quinzaine de tomes je dirai), mais les auteurs ont cependant réussi à compenser cette frustration en apportant une conclusion qui fait sens. Une lecture très accessible, et très agréable donc !

9 commentaires

  1. Merci pour ton retour. Je ne sais pas si je me lancerai pour autant dans cette série qui m’a l’air pas mauvaise, mais pas spécialement extra non plus.
    Je pense pas qu’elle soit au niveau d’un Hikaru no Go, ou d’un Kings of shogi par exemple. (que je te conseille vivement au passage, si tu ne les as pas encore lu)

    Aimé par 1 personne

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