Mon avis sur… Bestiarius T.1 à 6 de Masasumi Kakizaki

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Cela faisait quelques temps que je souhaitais me lancer dans Bestiarius, série terminée au Japon en 7 tomes, dont 6 sont déjà disponibles en France. Le concept, le fait que la sarie soit courte, la beauté des illustrations et la bonne réputation de la série auront fini de me convaincre de me lancer dedans. Avant de commencer, je précise que je mettrai surement cet article à jour quand j’aurai lu le dernier tome, afin d’avoir un avis vraiment global à proposer sur la série.

Ier siècle après Jésus-Christ, l’Empire romain est à son apogée et ses légions soumettent une à une les dernières contrées où monstres et humains vivent encore en paix. Criminels, innocents, orphelins, demi-humains, wyvernes… Tous constituent les rangs d’esclaves guerriers jetés dans l’arène et forcés de s’entretuer pour divertir l’empereur Domitien et les Romains avides de sang. Parmi ces combattants se trouvent des gladiateurs qui affrontent fauves et créatures légendaires : on les appelle les “Bestiari”. Or, certains d’entre eux, comme Finn ou Zénon, ont été élevés aux côtés de ceux qui, aux yeux de Rome, ne sont que de simples bêtes, et ils comptent bien retourner leurs armes contre leurs geôliers… et même contre l’Empire tout entier !

Comme le résumé l’indique, ce qui fait en partie le sel de cette série est le cadre historique marqué (l’antiquité romaine) allié à des éléments de fantasy, notamment les nombreuses créatures fantastiques qui peuplent cet univers. Et le lien entre les personnages principaux et ces créatures, considérées comme des monstres, est au cœur de l’histoire et permet de délivrer un fort message pacifiste. L’idée est que plusieurs personnages importants (comme Finn et Zénon, qui sont les deux premiers qui nous sont présentés) ont été sauvés et élevés par des créatures, une Wyverne pour Finn et un Minotaure pour Zénon, et les considèrent respectivement comme leur père et leur frère. Ce point est vraiment très intéressant car cela permet de montrer en quoi les différences entre les êtres sont des constructions sociales, et que même des créatures fantastiques peuvent être considérées comme des membres de la famille par des hommes.

Ainsi, Finn et Zénon seront les premiers gladiateurs à se rebeller contre le système en place et la violence de Rome, s’installant sur l’île de Britania avec la seule volonté de vivre en paix, dans l’harmonie entre les hommes et les bêtes. C’est en cela que le message pacifiste du manga est des plus évident, quand bien même la violence est montrée de façon très frontale. Je trouve d’ailleurs ce contraste entre le message de l’auteur et l’aspect très rentre dedans de son titre saisissant, et c’est selon moi un des points qui permet à ce discours de passer encore mieux.

Ce message pacifiste étant incarné explicitement par plusieurs personnages au sein du manga au-delà de Finn et Zénon. On trouve en particulier un certain Arthur, dont la famille et le village ont été dévastés par Rome, et surtout, mon personnage préféré, Lucius Dias, ancien centurion cherchant à expier ses péchés. Chacun de ces personnages a une histoire tragique et puissante, brillamment racontée et illustrée, et qui les amène à un moment ou à un autre à combattre dans l’arène. Chaque personnage permet d’exemplifier à sa façon le message pacifiste du manga. Je pense d’ailleurs que ma préférence pour Lucius Dias vient de son parcours de rédemption, passant du stade de soldat romain qui obéit aveuglément à des ordres qu’il pense juste, à celui d’homme libre combattant pour protéger toute forme de vie. Cela peut sembler cliché, mais force est de constater que ça fonctionne parfaitement sur moi.

Cependant, il convient de préciser que le manga n’est pas à mettre entre toutes les mains, la frontière entre shonen et seinen est souvent floue et c’est le cas ici. Personnellement, je trouve le titre très sombre et violent pour un shonen, du coup ce serait plutôt à réserver aux grands ados et aux adultes selon moi (mais tout dépend de la sensibilité de chacun et chacune par rapport à la représentation de la violence). Ainsi, les séquences de combat en arène sont des moments de bravoure vraiment impressionnants qui m’ont souvent fait frisonner. L’auteur a un trait vraiment précis, délivrant des planches riches en détails. Les héros et les créatures sont magnifiquement illustrées et confèrent au cadre dans lequel se passe l’histoire une ambiance vraiment très réussie. De même, les nombreux affrontements sont très dynamiques, permettant à la lecture de passer en un clin d’œil (ce qui n’empêche pas le récit d’être riche et de développer ses personnages comme il se doit).

Vous l’aurez donc compris, ce titre est selon moi clairement à la hauteur de sa réputation. Il m’a fait vivre des montagnes russes émotionnelles, créant un attachement fort pour chacun des personnages (même si j’ai mon petit chouchou), et m’impliquant énormément dans son récit et ses enjeux. De plus, le travail visuel, notamment sur la représentation de la violence, vient amplifier l’impact de cette histoire. Reste plus qu’à attendre la sortie du dernier tome (apparemment en septembre) afin de s’assurer que la conclusion de cette histoire soit à la hauteur, ce dont je ne doute pas trop compte tenu de la qualité de tout ce qui nous a été proposé jusque là.

En résumé, si vous cherchez une série courte, à l’action percutante, au message fort porté par des personnages charismatiques et puissants, Bestiarius a de forts arguments à faire valoir. Me concernant, j’ai passé un excellent moment de lecture devant ce récit parfaitement maîtrisé, dynamique, fluide et magnifiquement illustré. Il ne reste plus qu’un tome pour avoir la conclusion en apothéose que la série mérite !

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9 commentaires

  1. J’adore ce titre et ce mangaka ! Son dessin est d’une puissance folle ! Vivement le dernier tome 😍
    Si je peux te conseiller, il y a Green Blood (fini en 5 tomes) et Hideout (one-shot) du même mangaka et édité chez Ki-oon qui sont super 😉

    Aimé par 1 personne

    • Effectivement, si le côté fantasy ne te dérange pas (je trouve qu’il s’intègre très bien à l’univers personnellement), tu devrais y trouver ton compte. Ça m’a justement pas mal fait penser à Spartacus et Gladiator sur certains points (essentiellement les combats en arène et l’impact politique qu’ils ont).

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  2. Je ne connaissais pas du tout (bon en même temps je suis débutante en manga…). Mais ça m’intéresse vachement, un manga prenant place dans l’Antiquité, je ne connaissais que Arte, mais les combats de gladiateurs c’est pas mal aussi. Puis, le fait que la série soit courte joue… c’est vrai !

    Aimé par 1 personne

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