Mon avis sur… Sun-Ken Rock Deluxe T.4 de Boichi

Sun-Ken Rock

Après un troisième volume qui m’a laissé mi-figue, mi-raisin, avec trois quarts de grande qualité et un quart au mauvais goût assez hors sujet, je continue quand même sans rechigner cette série dont les qualités d’écriture et esthétiques (sans parler de la magnifique édition que l’on doit à Doki-Doki) réussissent à me faire passer outre ces éléments problématiques. Ce nouveau volume, comme les précédents, comprend deux tomes de l’édition classique, à savoir les tomes 7 et 8, qui ont chacun une identité et une ambiance fort différente comme nous allons le voir.

Ken se retrouve pris dans un conflit opposant le PDG d’un puissant conglomérat et un ancien mafieux aujourd’hui directeur d’un énorme casino. Bien décidée à s’emparer de l’établissement, la bande de Ken se lance dans la mêlée. À six, ils vont défier trois cents des plus redoutables hommes de main de Corée. Pendant que Tae-Soo et les autres s’occupent du gros oeuvre, Ken se débarrasse de la garde rapprochée du directeur. Le cinquième et dernier adversaire sera-t-il celui de trop ? La bataille du casino atteint son paroxysme, un moment à ne manquer sous aucun prétexte !

En effet, le tome 7 (la première moitié du volume donc) s’attarde sur la fin de l’arc du casino, avec le combat final tant attendu. Ici, ce qui était implicite dans le reste de l’arc est dit de façon explicite, c’est à dire que toute cette partie a pour but de confronter Ken à ses responsabilités de boss afin de voir s’il en a l’étoffe. On se retrouve donc avec un des éléments qui fait la sève de la série selon moi, à savoir de l’action débridée avec un Ken qu’on jurerait increvable, chaque planche étant comme toujours un uppercut visuel. Et avec ceci, il y a l’autre grosse qualité de la série, à savoir l’écriture impeccable de son personnage principal, avec son côté idéaliste et chevaleresque, qui fait que tous les anciens alliés du directeur du casino finissent par le rejoindre une fois vaincu.

Un final en apothéose donc qui rappelle pourquoi on aime cette série, avec son esthétique toujours aussi léchée et son travail d’écriture et d’ambiance au top. Clairement, sur ce point, Boichi semble incapable de décevoir. De ce fait, l’avancée est énorme en terme d’intrigue puisque le casino étant désormais entre les mains de la Sun-Ken Rock Team, celle-ci est plus puissante que jamais, ce qui risque d’attirer de nouveaux rivaux, comme la fin du volume le suggère. Mais avant de passer au niveau supplémentaire, Boichi nous offre un tome 8 (la deuxième moitié de cette édition Deluxe donc) plus détente, avec un arc à Rome qui ferait presque office de vacances, très orienté sur l’humour (souvent en dessous de la ceinture par ailleurs).

Cette partie est donc l’occasion pour Boichi de nous proposer plusieurs chapitres totalement axés sur l’humour et l’érotisme (les deux pouvant se mélanger). Vous l’aurez compris si vous avez lu mes précédents avis, la représentation de l’érotisme chez Boichi a tendance à être problématique, et m’a d’ailleurs vraiment embêté dans le volume précédent (voir mon avis ici). Concernant cette partie-ci, je ne saurai pas vous dire pourquoi, mais ça a bien mieux passé. Je ne sais pas si c’est moi qui me suis fait une raison et ai décidé sans m’en rendre vraiment compte de faire avec, ou si c’est le traitement humoristique et outrancier de la chose qui fait que ça passe, mais en tout cas, ça ne m’a dérangé à aucun moment. Cependant, je peux toujours comprendre qu’on y soit totalement réfractaire, puisqu’on a quand même droit à des planches qui se rapprochent de la pornographie pure et simple (même si Ken reste encore et toujours vierge, quand bien même chaque femme qui l’approche semble succomber à son charme).

Et comme je l’ai déjà dit, toute cette partie est riche en humour, en grande partie tournant autour du caca et du vomi, tendance que j’avais déjà constaté chez l’auteur avec certains gags des précédents volumes, ainsi que dans ses postfaces d’Origin où il raconte des anecdotes vécues à base de caca. C’est d’ailleurs l’occasion de voir plusieurs fois citée cette expression très imagée qui me fait beaucoup rire : « avoir le cigare au bord des lèvres ». Sur ce point, ce sera donc à l’appréciation de chacun et chacune (comme d’habitude finalement). Me concernant, je dois avouer non sans une certaine honte que du haut de mes 31 ans, je trouve l’humour pipi, caca toujours assez efficace, et dans ce cas précis, je suis bien obligé d’avouer que j’ai eu droit à la partie la plus drôle de Sun-Ken Rock que j’ai pu lire pour le moment.

Mais loin de n’être qu’un simple empilement de gags, cette partie est aussi l’occasion de faire avancer les relations entre Ken et Yumin, cette dernière semblant de plus en plus sous le charme de notre héros, qui de son côté n’a pas l’air d’en avoir réellement conscience. D’autant plus qu’il doit à tout prix cacher sa nature de boss mafieux à sa dulcinée, entraînant vous vous en doutez des situations cocasses. Nous ferons également la rencontre d’un nouveau personnage qui rejoint la bande, Benito Armani, surnommé « l’étalon italien » (est-ce une référence à Rocky ? ou au fameux film érotique avec Stallone ? ou aux deux ?). Cette nouvelle recrue est délicieusement relou, et participe à l’humour de cette partie puisqu’il se caractérise par, je cite, son « énorme salami ». Ainsi, de quiproquos en situations rocambolesques accompagnées de petites tenues, toute cette partie est plutôt drôle, et même si elle semble être une pause dans l’intrigue, elle amène malgré tout de nouveaux éléments qui devraient avoir leur importance. Et malgré son érotisme prononcé, j’ai réussi à totalement rentrer dedans et à beaucoup m’amuser à sa lecture, rendant ce tome très réussi à mes yeux dans sa globalité, en partie du fait des variations de ton qu’on y trouve.

En résumé, ce nouveau volume de Sun-Ken Rock conserve la formule qui a fait le succès de la série, à savoir une action débridée, une écriture au poil, et un érotisme outrancier, le tout servi par une grosse louche d’humour bien gras dans sa deuxième partie. C’est d’ailleurs en partie cet élément qui permet à l’érotisme de mieux passer selon moi, ne m’empêchant pas de profiter des qualités de l’oeuvre, comme c’était le cas avec la fin du volume précédent par exemple. De ce fait, Sun-Ken Rock reste définitivement un manga qui a quelque chose de particulier selon moi, Boichi allant à fond dans tous ses choix, quitte à se planter, ce qui n’est pas le cas dans ce volume selon moi.

 

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