Mon avis sur… Magus of the Library T.2 de Mitsu Izumi

magus-of-library-2-ki-oon

Souvenez-vous, j’avais été plus que surpris par le premier tome de Magus of the Library (voir mon avis ici), et pas seulement par son esthétique magnifique, mais surtout par l’intelligence et le réalisme avec lesquelles le métier de bibliothécaire était décrit. Alors que l’on est dans un univers de fantasy, on retrouve une organisation et des missions très proches de la réalité du métier. J’avais même dit que ce manga me semblait un bel outil de médiation pour parler de ce qu’était une bibliothèque et un(e) bibliothécaire. De ce fait, j’attendais beaucoup de ce second tome, afin de voir la tournure que prend l’histoire et comment cette thématique est traitée.

Lorsqu’un groupe de kahunas débarque dans son village, la vie de Shio Fumis est bouleversée à jamais. Jusque-là traité en paria, le petit garçon amoureux des livres comprend qu’il ne tient qu’à lui de devenir le héros de sa propre histoire… C’est décidé, il sera lui aussi un protecteur des écrits !

Sept ans plus tard, déterminé à passer le concours, Shio se met en route afin de rejoindre la bibliothèque centrale d’Afshak. Mais le chemin pour s’y rendre est loin d’être de tout repos ! En effet, l’adolescent est témoin d’une bagarre dès son arrivée à Hamse, la ville des cascades… Et s’il suffisait d’ouvrir un livre pour se réconcilier ?

Comme l’indique le résumé, Shio est bien décidé à se rendre à la bibliothèque centrale d’Afshak afin de passer le concours pour devenir Kahuna. Et ce sera justement le cœur de ce tome, qui nous offre un petit aperçu du voyage de Shio ponctué de quelques rencontres qui seront l’occasion d’étoffer certaines thématiques et d’en apporter une nouvelle. Et après ce voyage, le jeune garçon arrivera enfin à la bibliothèque pour y passer la première épreuve du concours.

Mais dans un premier temps, quelles sont ses fameuses thématiques mises en avant lors du voyage ? Tout d’abord, le racisme, déjà traité dans le premier tome vis-à-vis de la différence de Shio, est encore mis en avant au détour d’une rencontre que fait notre héros. Il croise en effet durant son voyage une enfant qui voit d’un très mauvais œil le fait que sa grande sœur se marie avec un étranger. Et notre jeune héros va réussir à faire changer la perception de cette enfant par le biais des livres. Il lui montrera un ouvrage abordant la question de la différence qui l’amènera à réfléchir. Cette idée m’a beaucoup plu car dans le métier de bibliothécaire, il y a je pense toujours un fond d’idéalisme, avec la foi dans le pouvoir des ouvrages à élever les gens. Alors je ne suis pas convaincu que ça fonctionne toujours, mais j’aime à me dire que c’est possible, et ce chapitre exemplifie très intelligemment cette idée.

Ensuite, durant la visite d’une autre ville, Shio rencontre un personnage qui risque de devenir récurrent, mais surtout, une petite créature blessée. Il s’avère que cette créature dispose d’un pelage blanc alors que les autres de son espèce en ont un noir. En auscultant la bête, Shio va comprendre qu’elle a été malmenée par son propriétaire, et va décidé de lui demander de lui confier l’animal (oui, il ne souhaite pas partir avec car ce serait du vol). Je vous passe les péripéties qui font que Shio finira par en avoir la garde, car ce qui m’intéresse dans ce passage vient du fait que, alors que je ne m’y attendais pas, un personnage secondaire parle de la façon dont on traite les animaux. Il souligne surtout le paradoxe dans le comportement de Shio qui protège cette petite créature alors que ça ne le dérange pas de monter à cheval ou de se nourrir d’autres animaux. De ce fait, il trouve le fait que Shio reproche au propriétaire de la créature la façon dont il la traite bizarre. Cependant, si ce personnage trouve vain de faire tant d’efforts pour un animal en particulier alors que beaucoup d’autres souffrent, il ne va pas nécessairement contre ce que fait Shio. Cela semble plus être pour lui un exercice de pensée, qui est donc partagé avec nous autres, lecteurs et lectrices. De ce fait, j’ai trouvé ce passage vraiment intéressant car il pousse à nous interroger sur notre rapport aux animaux et sur nos automatismes que l’on ne questionne pas nécessairement. En ça, le manga se positionne comme les ouvrages que Shio met en avant, c’est à dire qu’il cherche à faire évoluer notre perception du monde pour nous pousser à nous questionner et nous améliorer.

Et de ce point de vue, une autre thématique est abordée, en lien avec le concours pour devenir Kahuna cette fois-ci. Il s’agit de la question de l’inégalité des chances entre les riches et les pauvres pour le concours. En effet, Ganan, le vieil homme qui accompagne Shio, lui explique que selon lui, il y a trois facteurs importants sur lesquels on n’a aucune emprise : notre lieu de naissance, la richesse de nos parents, et notre apparence physique. Ainsi, tout semble joué dès la naissance, mais cela fait que la réussite pour Shio n’en serait que plus plaisante, lui qui n’a aucun de ces avantages. Ce constat amer me semble tout à fait cohérent par rapport à notre réalité à nous, dans laquelle l’égalité des chances est une chimère puisque selon notre naissance, on sera plus ou moins outillés pour avancer dans la vie.

Mais au-delà de toute cette richesse thématique, le récit avance à un bon rythme, puisqu’on arrive dès ce second volume à la bibliothèque centrale d’Afshak, et on assiste à la première épreuve du concours pour devenir Kahuna. Je ne vous expliquerai pas en détails de quoi il s’agit car elle diffère quand même des concours de fonctionnaire tels qu’on les connait dans la vraie vie. De plus, le voyage que l’on suit dans ce volume est l’occasion de nous présenter de nouveaux personnages, mais également de découvrir davantage cet univers, à la fois par le biais des environnements visités, mais aussi avec de petites vignettes entre chaque chapitre qui nous donnent à voir d’autres éléments. De plus, tout ceci est magnifiquement mis en valeur par le trait de la mangaka et la qualité d’édition de ce tome (plutôt épais par ailleurs, puisqu’il avoisine les 250 pages). Ainsi, on n’a aucun mal à se projeter dans cet univers très riche visuellement.

En résumé, ce second tome confirme tout le bien que j’avais pensé du premier et continue de mêler habilement un riche développement thématique à une intrigue qui avance à un bon rythme, sans oublier d’étoffer son univers. Le seul problème une fois le volume fermé est de se dire que l’attente sera vraiment longue avant le prochain, puisqu’aux dernières nouvelles, on n’a pas encore de date de sortie au Japon… Mais cela ne doit pas nous empêcher de profiter de ce tome qui confirme les belles qualités déjà vues dans le premier !

Publicités

15 commentaires

    • C’est comme toujours une question de goûts personnels, mais me concernant et en tant que bibliothécaire, j’ai vraiment été surpris (et séduit) par l’intelligence du traitement du métier.

      Et dans ce deuxième tome, la mangaka ouvre son univers et développe de nouvelles thématiques qui m’ont beaucoup plu.

      Mais je pense que si on n’accroche pas au premier, ça ne va surement pas aller mieux par la suite.

      Aimé par 1 personne

      • Je pense que je n’ai pas assez insisté et que j’étais peut-être un peu fatiguée en le commençant, donc je vais le reprendre (peut-être même ce soir ^^)

        Je suis documentaliste (mais aussi de formation bibliothécaire, ça nous fait un joli point commun ^^) et ton retour sur cet aspect confirme que je n’ai clairement pas été assez loin dans l’histoire. Mais, comme tu le dis, si je n’accroche toujours pas, je crois que ce ne sera pas utile d’insister. ^^

        Aimé par 1 personne

  1. « Ce constat amer me semble tout à fait cohérent par rapport à notre réalité à nous, dans laquelle l’égalité des chances est une chimère puisque selon notre naissance, on sera plus ou moins outillés pour avancer dans la vie. » Oui -_-
    Du coup, maintenant que je l’ai lu, et que j’ai un peu de temps, j’ai profité de passer.

    Oui, j’en discutais avec un abonné hier sur insta, en plus elle a une autre série en cours : 7th garden.
    Malheureusement au mieux ça risque de faire comme Bride Stories, Arte. Et effectivement, ça c’est dur.

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.