Mon avis sur… Tokyo Revengers T.1 de Ken Wakui

Tokyo Revengers

Aujourd’hui, je vous parle d’une nouveauté que j’attendais beaucoup compte tenu de la hype autour du titre, et de l’excellente qualité du premier chapitre que j’avais eu l’occasion de récupérer au format papier en librairie. Car oui, Glénat a mis les petits plats dans les grands pour cette sortie qui représente un petit événement. La sortie en question, c’est donc celle du premier tome de Tokyo Revengers, série de Ken Wakui pré-publiée au Japon depuis 2017 dans le Shonen Magazine. Il s’agit de la première série de l’auteur à nous arriver en France, et il s’agit d’un furyo, c’est à dire un manga de « racailles », genre que je connais assez peu (je crois que Young GTO est la seule série 100% furyo que je lis). De quoi parle donc cette nouvelle série ?

À 26 ans, Takemichi a le sentiment d’avoir déjà raté sa vie. Vivotant de petits boulots ingrats tout juste bons à payer le loyer d’un studio miteux, il se lamente sur le désert de sa vie amoureuse lorsqu’il apprend la mort de Hinata, la seule petite amie qu’il ait eue… La jeune fille et son frère ont été les victimes collatérales d’un règlement de comptes entre les membres d’un gigantesque gang, le Tokyo Manji-kai. Encore sous le choc, Takemichi est à son tour victime d’un accident qui le ramène inexplicablement 12 ans en arrière, lorsqu’il était au collège et se donnait des airs de mauvais garçon. Et si c’était pour lui l’occasion de sauver Hinata ? Mais en tentant de modifier le futur, Takemichi se retrouvera inexorablement mêlé aux complots se tramant autour du Tokyo Manji-kai et de son charismatique et mystérieux leader…

On le voit au résumé, ce manga n’est pas simplement un furyo, l’auteur y amenant une pointe de fantastique avec cette idée du voyage dans le temps qui permet d’emblée de mettre en avant un questionnement qui a été l’objet d’un nombre incalculable de fiction : et si on nous donnait l’occasion de revivre notre vie et d’en modifier le cours ? C’est ici ce qui arrive à Takemichi, éternel loser qui se voit propulsé douze ans jour pour jour en arrière, alors qu’il a appris juste avant la mort de la seule petite amie qu’il a jamais eu, Hinata. Une fois le choc de la projection dans le temps passé, Takemichi va à la rencontre de la jeune fille alors qu’elle est toujours sa petite amie, et se rappelle la belle personne qu’elle était. De ce fait, il va décider de faire ce qu’il peut pour la sauver.

De ce postulat de base tout simple découle une histoire à mi-chemin entre le furyo et le thriller, mâtiné d’un peu de romance entre ces deux personnages. De ce fait, plusieurs points sont importants à souligner dès ce premier tome. Tout d’abord, le genre veut que les personnalités soient très affirmées, avec si possible des looks très distinctifs pour les différents personnages. D’emblée, on constate aux coupes de cheveux, au langage et autres détails que le travail est de qualité. Chaque personnage a un design très travaillé qui permet, même s’ils sont pour le moment peu développés, de tous les distinguer. C’est un très bon point pour moi qui a parfois du mal à reconnaître les différents personnages dans Young GTO par exemple, car ils manquent d’éléments distinctifs. Et même si on est dans le premier tome, plusieurs personnages au caractère et au look bien défini font déjà leur apparition en plus de Takemichi et Hinata (qui quant à elle ne vient pas du tout de ce milieu, mais a un fort caractère malgré tout). Certains m’ont déjà donné de sacrés frissons par l’aura qu’ils dégagent… Un excellent travail donc sur ce point, qui s’étend d’ailleurs à l’esthétique et l’ambiance globale du titre, de grande qualité.

Autre élément incontournable du furyo, la baston ! Ici, on a déjà droit à un peu de combat, dont un affrontement assez important pour le développement de cette introduction. Et c’est déjà une belle réussite puisque la violence du combat est parfaitement retranscrite. C’est un des éléments qui me plait dans l’idée que je me fais du genre, cette débauche de violence entre des personnages qui sont pourtant des ados. Non pas que je sois un grand adepte de la violence, mais c’est justement le décalage entre l’âge des personnages et cette violence que je trouve intéressante et perturbante. De ce fait, ce genre de séquence me fait ressentir des émotions assez forte, ce qui est le cas ici.

Tout ceci contribue à faire de ce premier tome une excellente introduction à l’univers de cette série, mais là où il passe clairement au niveau supérieur et devient un tome véritablement brillant, c’est dans l’écriture de son personnage principal, à qui on donne la possibilité de devenir quelqu’un de meilleur en revivant son passé. En effet, Takemichi est comme je l’ai déjà précisé un loser, vivant seulement de petits boulots dans lesquels il est plutôt incompétent, et dont la seule petite amie qu’il ait jamais eu est morte. Le fait de pouvoir revenir en arrière afin de la sauver sera pour lui l’occasion de devenir meilleur. D’ailleurs, on voit au début qu’il envisage de ne pas se prendre la tête et laisser Hinata mourir. Mais en voyant que cette dernière souhaite le protéger car elle a conscience d’être la plus forte des deux, il décide de changer afin de la sauver. Ainsi, la caractérisation de Takemichi et Hinata m’ont déjà ému et je suis totalement acquis à la cause du héros. C’est pour cela que je disais que ce premier tome était mâtiné de romance, cet aspect étant à mes yeux fondamental à la fois dans l’ambiance du titre et dans la caractérisation et les motivations de son personnage principal. Ainsi, avec ce travail de qualité sur ce couple principal et sur les changements qui se produisent déjà chez Takemichi, le titre a acquis mon adhésion totale, et est devenu un coup de cœur immédiat. J’avais dit après lecture du tome 3 de Beastars que c’était un des prétendants au titre de meilleure série de 2019 à mes yeux, mais je peux aussi dire que si les tomes suivants de Tokyo Revengers sont du même niveau que ce premier, il sera un concurrent de taille !

En résumé, j’en attendais beaucoup de ce premier tome de Tokyo Revengers, et il ne m’a pas déçu. Bien au contraire, il est déjà allé au-delà de mes espérances en réussissant à être très dense, définissant les enjeux et l’univers de la série de façon très claire, et arrivant même à développer et caractériser plusieurs personnages importants très rapidement. Ce travail est d’autant plus remarquable sur Takemichi et Hinata, qui m’ont déjà beaucoup touchés. De ce fait, j’ai hâte de suivre la suite des aventures du jeune héros, dont l’évolution déjà amorcée dans ce premier tome m’intéresse au plus haut point. Et j’ai surtout hâte de savoir si les tomes à venir seront du même niveau d’excellence que ce premier, qui figure dans mes coups de cœur du moment, en étant clairement LA lecture indispensable du mois, avant de voir si la suite transformera l’essai pour en faire la lecture de l’année… En attendant, je suis conquis !

 

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5 commentaires

  1. J’avais vu ta note sur livradicct, et ta chronique montre à quel point tu es sous le charme. C’est vrai que le côté fantastique et la romance donne un plus à ce furyo.
    Mais j’ai pas trop compris l’aspect dont tu parles pour la violence par rapport à l’âge 🤔 ce n’est pas le même domaine mais dans MHA (pour ne citer que ça) ils sont jeunes et il y a de la violence aussi.

    La planche où elle gifle le chef est épique 😂

    Aimé par 1 personne

    • En fait, c’est surtout que dans ce manga, et aussi dans Young GTO (et je suppose, dans beaucoup de furyo), la violence est plus brute, mais elle est aussi assez démesurée. La moitié du temps, je me demande comment les mecs peuvent survivre à la moitié de ce qu’ils encaissent.

      Et le fait que ce soit dans un contexte réaliste (puisque les gangs adolescents existent, notamment au Japon), rend cette violence plus proche, et donc plus perturbante pour moi.
      Les shonen nekketsu sont souvent violents, mais on peut en général prendre de la distance par rapport à ça, mais dans les furyo, je trouve que c’est plus frontal, plus réel, et du coup plus perturbant pour moi.

      (sinon, Hinata est trop stylée dès qu’on la rencontre, et ouais, la claque est un super moment !)

      Aimé par 1 personne

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