Mon avis sur… Arslan T.9 de Hiromu Arakawa

Arslan

C’est la première fois que je parle d’une série que je suis pourtant assidûment (même si j’ai aussi pris mon temps pour lire ce dernier tome), à savoir The Heroic Legend of Arslan (ou Arslan Senki au Japon), de Hiromu Arakawa, la mangaka à qui l’on doit FullMetal Alchemist. Pour resituer un peu, ce manga est une fresque épique dans un cadre fictionnel rappelant la Perse médiévale. On y suit en particulier le jeune prince Arslan, contraint de reprendre les rênes du pouvoir suite à une défaite de l’armée parse qui vit la disparition de son père le roi Andragoras. Mais les choses ne seront pas simples puisqu’il devra d’abord s’entourer de précieux alliés pour réclamer son droit au trône.

Ce résumé est très succinct car il faut se dire que l’intrigue est très complexe, avec de nombreuses forces en jeu aux objectifs différents. Ainsi, jeux de pouvoirs, alliances et trahisons sont de mise depuis le début, avec un gros travail sur les figures héroïques (peu importe le camp d’ailleurs). De ce point de vue, le prince Arslan qui est le personnage principal peut d’ailleurs paraître un peu fade en comparaison avec les personnages qui l’accompagnent, en particulier Daryun, le guerrier ultime, et Narsus le stratège qui a toujours un coup d’avance sur tout le monde. Mais le caractère en retrait d’Arslan est justement intéressant car il est le principal vecteur d’évolution au fil des tomes, le jeune prince se reposant beaucoup sur ses différents soutiens et apprenant d’eux afin de devenir un futur roi digne de ce nom.

Ceci étant posé, j’invite les lecteurs n’ayant pas lu les tomes précédents à se lancer dans la série et à ne pas lire la suite au risque d’être spoilé, et de ne pas comprendre de quoi il est question surtout. Tout d’abord, le classique résumé :

Après une campagne victorieuse à Sindora, Arslân est bien décidé à bouter l’envahisseur Lusitanien hors du royaume de Parse. Alors qu’il fait route vers la frontière, c’est une trahison d’une ampleur inédite qui attend le prince héritier de la couronne Parse. Les alliés d’hier sont désormais de mortels ennemis…

Comme l’indique le résumé, alors que Daryun a permis à Rajendra de devenir le nouvel héritier du royaume de Sindora dans le tome précédent suite à son affrontement d’anthologie contre Bahadur, le prince n’hésite pas à trahir Arslan aussitôt après avoir fait exécuter son frère. Mais comme nous pouvions nous y attendre, Narsus avait anticipé cet événement et finalement, Rajendra se retrouve contraint d’accepter une alliance de trois ans avec nos héros après une cuisante défaite. Et en plus de ça, Jaswant rejoint Arslan, ce qui fait que tout n’est pas perdu dans l’affaire.

Mais passé cette parenthèse qui achève l’arc de Sindora, le reste du tome se focalise plutôt sur les lusitaniens, l’occasion de développer les différents héros de ce camp et surtout de voir une guerre entre lusitaniens et les membres du culte de Yaldaboth, ces derniers se faisant totalement pulvériser par l’armée d’Hilmes. C’est également et surtout l’occasion de revoir Andragoras et de continuer à semer le trouble sur l’histoire compliquée de sa lignée. On n’est pas certain à ce stade de voir où cela va mener mais ce passage est magnifiquement illustré, créant une ambiance vraiment prenante et distillant des indices qui se révéleront surement très importants pour la suite.

Sur ce point, la question de la légitimité d’Andragoras, mais également d’Hilmes et Arslan comme souverains continue d’être évoquée, comme elle le fut par le passé. Je suis très content que ce ne soit pas tranché d’office : on ignore encore quelle est la réelle filiation d’Arslan et un véritable jeu de miroir est mis en place entre lui et Hilmes depuis le début, ce qui est pour moi une des grandes qualités du manga. En effet, au-delà de simplement questionner la légitimité du futur roi de Parse du point de vue du sang, Arakawa met en avant ces deux antagonistes de sorte que l’on voit très clairement ce qui les oppose. Arslan se questionne énormément et évolue beaucoup au fil des tomes (ce neuvième volume ne fait d’ailleurs pas exception), il souhaite devenir le meilleur souverain possible, et à ce titre, sa volonté d’abolir l’esclavage est on ne peut plus symbolique. Et de l’autre côté, on a Hilmes qui est consumé (au sens propre, son visage étant à moitié brulé, reflet de son état psychologique) par son désir de vengeance et sa soif de pouvoir, se considérant comme le futur souverain légitime là où Arslan souhaite mériter ce titre. Cet élément qui est au cœur du récit est encore une fois parfaitement développé en filigrane et contribue à rendre ce tome aussi passionnant que ce à quoi la série nous a habitué depuis ses débuts.

Enfin, le tome se finit sur un cliffhanger qui laisse à penser que les éléments fantastiques vont revenir en force par la suite, avec certainement une nouvelle menace de grande ampleur, de quoi éveiller notre curiosité et notre impatience pour le prochain tome !

En résumé, ce neuvième tome ne connait pas de moment aussi fort que le combat incroyable que nous avons vécu dans le tome précédent entre Daryun et Bahadur, mais il permet de faire avancer l’intrigue à grands pas et donne de la voix au camp des lusitaniens, ce qui fait toujours plaisir. Ainsi, on continue de développer tous les personnages et toutes les forces en présence, évitant un manichéisme qui serait dommageable à la série. Le rythme soutenu du tome rend la lecture d’autant plus plaisante, et le talent d’Arakawa pour mettre en scène ses révélations et autres moments forts fait toujours mouche. Rien à dire si ce n’est que cette série est constante dans son niveau d’excellence, et qu’une date de sortie de la version française du dixième tome ne serait pas un luxe.

5 commentaires

  1. Je suis allée sur ton blog via ordi pour voir si tu avais chroniqué les anciens mais non (comme tu l’as dit dans ta chronique mais j’y étais allée avant de tenter de lire celle-là), les mangas de bataille, guerre, historique c’est pas vraiment mon truc mais même si je n’ai pas tout saisi de tout avis, le fond plaira clairement aux amateurs de ces genres

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    • Moi non plus de base ce n’est pas trop mon genre, mais comme c’est l’auteure de FullMetal Alchemist j’ai voulu tenter et je suis plutôt accro !
      Les batailles et les complots c’est souvent assez compliqué, mais ses personnages sont tellement bien écrits que ça passe plutôt bien.

      Aimé par 1 personne

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