Mon avis sur… Beyond the Clouds T1 et 2

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J’avais envie de vous partager aujourd’hui une petite douceur, un manga qui se savoure comme un bon thé sous une couverture en hiver. Beyond the Clouds est le premier manga de Nicke, jeune auteure « maison » de chez Ki-oon, qui ne manque décidément pas de flair.

D’abord attiré par ces magnifiques couvertures (avec un bel effet un peu granuleux pour ne rien gâcher), je me suis donc lancé dans cette belle aventure que l’on nous promet comme une histoire poétique à mi-chemin entre les univers de Ghibli et Final Fantasy. Et en l’occurrence, Final Fantasy, c’est plus que ma came, c’est une de mes sagas fétiches du jeu vidéo. Ainsi, cet élément a achevé de me convaincre de sauter le pas. Mais de quoi parle donc ce manga ?

Dans la Ville jaune, les usines crachent leur fumée jour et nuit, cachant le ciel et ses astres. Le jeune Théo n’a jamais vu les étoiles, ni passé les portes de la ville. Enfant, il rêvait de partir à l’aventure, à la poursuite des créatures fantastiques de ses livres préférés, mais la réalité l’a rattrapé. Son travail à l’atelier de réparation Chikuwa devient son quotidien.

Sa routine est chamboulée le jour où il tombe sur une fillette pas comme les autres : c’est une humaine ailée, une espèce appartenant pourtant au monde des légendes ! Inconsciente après être tombée du ciel, elle a perdu une de ses ailes, ainsi que la mémoire… Théo fera tout pour percer le mystère de cette rescapée des cieux !

Un postulat somme toute relativement classique, et c’est d’ailleurs une remarque qui semble revenir assez souvent concernant le manga : on n’est pas dans l’originalité la plus frappante, mais le classicisme n’a jamais fait de mal, et il est même préférable à une volonté de se démarquer non maîtrisée. Alors qu’en est-il manga en mains ?

Première chose qui frappe : c’est vraiment très beau ! Nicke a un style très spécifique qui est un véritable ravissement pour les yeux. Et l’édition de Ki-oon est excellente et rend parfaitement hommage à ce travail esthétique de grande qualité pour ne rien gâcher. Ce travail d’illustration est le premier élément qui transmet une ambiance apaisante et poétique. Je ne suis pas très doué pour parler dessin, mais le trait est doux, les décors et les personnages ont ce qu’il faut de détail tout en évitant la surcharge, l’univers steampunk est très bien rendu ce qui fait qu’on entre vraiment très facilement dedans.

Concernant l’écriture, dès les premières pages, le personnage de Théo nous est présenté comme un boulimique de lecture (ce qui lui vaut des problèmes de vue, un ressort qui sera surement exploité par la suite) qui aimait plus que tout lire des contes et plonger dans ces univers, chose retranscrite parfaitement dans le dessin. Ces lectures lui ont donné le goût du voyage et de l’aventure, goût qu’il n’a jamais pu assouvir cependant. Jusqu’à sa rencontre avec Mia, une enfant dotée d’ailes, chose extrêmement rare dans ce monde où les humanoïdes et les animaux anthropomorphes se côtoient. Et qui dit rare dit en danger, chose que Théo va très vite comprendre.

 

Théo va ainsi rapidement se révéler protecteur avec la jeune fille, d’autant plus qu’une de ses ailes est arrachée, laissant deviner qu’elle a vécu des événements très difficiles. Une relation quasi-fraternelle va se nouer rapidement entre les deux, jusqu’au jour où, suite à une agression, quelque chose se révèle en Mia, un pouvoir qui prend l’apparence d’un chat gigantesque et effrayant, avant de la plonger dans une fièvre que Théo et ses amis n’arrivent pas à soigner. C’est ainsi que le jeune héros va commencer son périple pour tout d’abord trouver un remède à la maladie de Mia, lançant ainsi la première péripétie à travers une forêt, où le jeune héros fera la rencontre de deux fées et d’un vieil ermite qui refusera dans un premier temps de l’aider, avant d’assister à un geste de bonté de la part du jeune homme qui lui donnera un peu de foi.

Le deuxième tome est l’occasion d’approfondir ce vieil ermite, qui s’est détourné des hommes suite à ce qu’il pensait être la trahison de son apprenti Ranji. Je ne dévoilerai pas cette petite histoire, tout simplement parce que je l’ai trouvée extrêmement touchante, à la fois dans l’écriture et dans la façon dont Nicke l’a dessinée. J’aime particulièrement lorsqu’un(e) mangaka arrive avec une toute petite histoire qui fait office de parenthèse dans le récit principal à mettre en place quelque chose de très touchant malgré sa brièveté.

Au-delà de ça, le deuxième tome marque le départ de Théo et Mia dans leur périple pour trouver un mage capable d’aider la fillette à canaliser son pouvoir. L’occasion de faire une référence amusante à Final Fantasy IX au détour d’un dialogue concernant le journal intime d’un certain Zidane qui aurait rencontré un jeune mage, une façon pour l’auteur de rendre hommage à un de ses influences. De même, Théo explique bien vouloir devenir plus fort pour protéger Mia, ce qui laisse à penser qu’une évolution à la JRPG est possible pour l’histoire, avec ce jeune héros qui gagnerait en puissance. Enfin, un passage évoque clairement la parenté avec ce genre de jeu vidéo lorsque vers la fin du tome, une boite de dialogue typique des vieux RPG japonais s’ouvre pour indiquer « vous obtenez le laisser-passer du marchand.

En résumé, ces deux premiers tomes de Beyond the Cloud, même s’ils manquent encore un peu d’originalité, posent de très belles bases pour une aventure qui s’annonce comme très plaisante à suivre. La douceur du trait de Nicke n’y est pas innocente, puisqu’elle illustre brillamment ces personnages et cet univers et lui insufflent une identité propre qui compense l’écriture plus classique (ce qui n’est pas un défaut en soi). Sa volonté semble être de livrer un récit à mi-chemin entre un conte et un RPG japonais, et si elle réussit à bien faire la synthèse de ces influences, on pourrait tenir une oeuvre de grande qualité. Il est difficile de savoir où elle va aller après seulement deux tomes, mais je vais continuer à vivre l’aventure en compagnie de Théo et Mia !

3 commentaires

  1. Du côté de l’édition rien à redire, c’est vraiment du très beau travail de la part de Ki-oon. Je suis globalement de ton avis concernant le manga. Les illustrations sont tout simplement superbes, et c’est d’ailleurs ce qui m’a donné envie de le lire. Au niveau de l’histoire, même si j’ai aussi trouvé que ça manquait d’originalité, j’ai bien apprécié ce côté enfantin, l’univers, l’aspect aventure et le duo formé par Théo et Mia. Et j’ai hâte de découvrir la suite ! =)

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